Droit au travail

Le droit au travail fait partie intégrante des droits de l’homme.

L’article 23 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme nous dit que :

  1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
  2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
  3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant, ainsi qu’à sa famille, une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
  4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Malgré ce droit, les problématiques liées à l’emploi sont nombreuses ; elles correspondent toutes à une négation de ce droit :

Le chômage

Les allocations de chômage permettent d’accorder le droit à un revenu à une personne qui, pour des raisons indépendantes de sa volonté, a perdu son travail ou ne trouve pas d’emploi.

Le BIT (Bureau International du Travail) définit le chômage par rapport à une semaine de référence. Le chômeur est ainsi une personne :

Cette définition permet une uniformisation de la définition du chômage dans l’Union européenne.

En Belgique, le chômage reste une réalité très présente. En mai 2004, le nombre de Chômeurs Complets Indemnisés (CCI) était de 421.872. En 2016, le taux de chômage wallon des 15-64 ans est de 10,6%, après un recul de 1,4 p.p. par rapport à 2015. Le taux de chômage des jeunes est très élevé en Wallonie : 27,9 % des jeunes se présentant sur le marché du travail n’ont pas d’emploi en 2016.

En Flandre, le taux de chômage des jeunes s’élève à 14,1 %. A  Bruxelles, le taux est plus élevé qu’en Wallonie, puisque 35,9 % des jeunes actifs bruxellois n’ont pas d’emploi.

Le taux de chômage des plus âgés est relativement faible (7,6 % en 2016) et, comme pour le taux dans les autres tranches d’âge, il est plus bas en Flandre (3,3 %) et plus élevé à Bruxelles (13,8 %).

Pour en savoir plus :

La discrimination

On peut définir la discrimination comme une différence de traitement fondée sur des critères arbitraires, et qui cause du tort à une personne ou à un groupe particulier. Il s’agit de comportements ou de décisions qui amènent au désavantage de certaines personnes en particulier ; il s’agit donc d’une violation du principe d’égalité.

La discrimination à l’emploi peut toucher différentes catégories d’individus. Nous avons déjà vu que les femmes peuvent avoir des difficultés à voir leurs droits au travail reconnus comme égaux à ceux des hommes. Mais il existe aussi une discrimination raciale, liée à une sélection basée sur des critères de couleurs de peau, ou d’origine nationale ou ethnique. Toute forme de sélection d’employés ou d’ouvriers basée sur un critère arbitraire, tel que la religion ou les croyances de la personne, constitue aussi une forme de discrimination.

Le harcèlement

Les victimes de harcèlement sont nombreuses et sont majoritairement des femmes. Il existe deux grands types de harcèlement, le harcèlement moral et le harcèlement sexuel.

Trop de victimes n’osent pas porter plainte par peur des représailles. Il est très important d’être conscient de cette problématique et de pouvoir la déceler et la dénoncer. Deux lois récentes, des 10 janvier et 6 février 2007, ont sensiblement modifié les dispositions de la loi du 4 août 1996 relative au bien être des travailleurs, et plus précisément les dispositions relatives à la protection contre la violence et le harcèlement moral ou sexuel au travail.

En 2016, une étude de Securex relève que près de 30 % des travailleurs belges sont aujourd’hui confrontés à un comportement abusif au travail. Et plus particulièrement le harcèlement moral qui, en deux ans, connaît une augmentation importante de 35 %. Tel est le constat de la nouvelle enquête du prestataire de services RH Securex, menée tous les deux ans, auprès de 1.754 travailleurs.

Cependant, peu de jugements en matière de harcèlement aboutissent depuis la mise en vigueur de cette loi. Il est vrai qu’il n’est pas évident de recueillir les éléments nécessaires pour prouver le harcèlement car de nombreux comportements laissent peu de traces. Il est d’autant plus important de bien s’informer sur ce qui est considéré comme du harcèlement et de tenter de constituer un dossier de preuve.

Remarquons qu’une certaine forme de violence morale ou physique au travail peut être le fait d’autres personnes que l’employeur tels que les clients ou les élèves dans le cas des enseignants.

Le harcèlement moral consiste en des actes répétés qui ont pour conséquence de dégrader les conditions de travail de la personne harcelée. Celle-ci peut voir sa dignité atteinte, peut souffrir d’une dégradation de son état de santé (physique ou mentale) et cette situation peut compromettre son avenir professionnel.
Quelques exemples d’actes relevant du harcèlement moral : les injures, les moqueries, les humiliations publiques, les tentatives de pousser à la faute professionnelle, etc.

Le harcèlement sexuel est un comportement imposé au destinataire, c’est-à-dire non désiré par celui-ci. Il est souvent lié à un abus d’autorité et est imposé par la force. Il s’agit de conduites à connotation sexuelle ou sexiste, répétées et ayant des conséquences négatives pour la victime.
Par exemple : affiches pornographiques, attouchements, plaisanteries obscènes, propositions sexuelles, etc.

Pour en savoir plus :

Le développement du Cyber-harcèlement

Par cyber-harcèlement, on entend toutes les formes de harcèlement qui font appel aux technologies de l’information et de la communication telles qu’Internet, le GSM ou l’ordinateur, pour importuner, menacer ou insulter les victimes. Des insultes ou des menaces peuvent ainsi être envoyées par SMS, de même que des photos gênantes postées sur les réseaux sociaux. Les technologies en ligne ouvrent également diverses possibilités de harcèlement : voler un mot de passe et accéder ainsi au compte de quelqu’un afin d’en bloquer l’accès ou envoyer des messages insultants en son nom, pirater un compte et y voler des informations personnelles, harceler via Facebook,  créer un site ou un blog comportant un contenu blessant et des photos de la victime… Les possibilités sont légion pour quiconque un tant soit peu habile dans le maniement de ces technologies.

Le harcèlement est malheureusement un phénomène qui existe depuis toujours. Selon une récente étude, environ 20 % des jeunes ont déjà été victimes de harcèlement. Il s’agit souvent de harcèlement « classique », mais force est de constater que de plus en plus d’enfants sont aussi victimes de cyber-harcèlement. Pour l’instant, un jeune sur dix serait confronté au cyber-harcèlement ; nombreux sont ceux qui en souffriraient même quotidiennement ou très régulièrement. Il existe en outre une étroite corrélation entre le cyber-harcèlement et harcèlement classique: le premier est la prolongation du deuxième par le biais des médias. Harceleurs et harcelés conservent souvent leur rôle respectif.

On constate un pic de ce phénomène auprès de jeunes âgés entre 12 et 14 ans. Les études ne montrent pas que les filles harcèlent plus  en ligne que les garçons ou inversement.

Comparaison avec le harcèlement classique:

Similitudes

Ces deux types de harcèlement sont blessants

Il s’agit d’un combat inégal entre le harceleur et sa victime

Les messages sont systématiques

Le harcèlement peut avoir des répercussions psychologiques et émotionnelles de longue durée sur l’état d’esprit de l’enfant

Divergences

Les victimes considèrent le cyber-harcèlement comme encore plus invasif, surtout lorsque l’auteur reste anonyme. Le harcèlement ne s’arrête en effet pas lorsque la victime est rentrée chez elle.

Le harceleur a une supériorité non pas physique, mais technique sur la victime. Des menaces telles que « Attention, ou je bloque ton compte MSN » sont fréquentes.

Le message peut rester indéfiniment sur Internet.

Le message est accessible et visible pour un grand nombre de personnes. Le monde entier peut le voir.

Le harceleur ne voit pas à quel point ses actes sont blessants ni les dégâts qu’il provoque. Il les sous-estime fréquemment et considère le cyber-harcèlement comme une plaisanterie.

Où puis-je m’adresser en cas de questions ou de problèmes ?

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez simplement raconter votre histoire :

Contactez la ligne d’aide de Child Focus

Éventuellement, l’école ou le centre PMS

Auprès du fournisseur du site web, du blog ou du chat sur lequel le harcèlement se produit.

L’exploitation

Le travail devient de l’exploitation dans certaines conditions dont voici les caractéristiques :

L’exploitation des enfants est aussi très fréquente. Selon les données de l’UNICEF, environ 168 millions d’enfants (11% de tous les enfants) dans le monde sont privés de leur enfance parce qu’ils sont impliqués dans le travail. Pire encore, 115 millions d’entre eux exercent des activités dangereuses.

Ces enfants qui travaillent sont partout, mais invisibles : domestiques dans les maisons, derrière les murs des ateliers, cachés dans les plantations. Si la grande majorité des enfants travaille dans le secteur agricole (59%), les pires formes de travail des enfants comprennent l’utilisation d’enfants comme esclaves, la prostitution, la vente de drogues, le crime ou l’enrôlement comme soldats dans des situations de conflit ou pour d’autres travaux dangereux.
Dans le cas du travail des enfants, l’exploitation est aussi présente lorsque l’enfant est employé trop jeune à des tâches trop lourdes ou dans des conditions empêchant d’avoir accès à la scolarisation.
Pour en savoir plus sur l’exploitation des enfants.

L’association syndicale

Un syndicat est le regroupement de personnes exerçant la même profession dans le but de défendre leurs droits de travailleurs.

Le fait de fonder un syndicat ou de s’affilier à un syndicat est une liberté mentionnée dans la déclaration universelle des droits de l’homme.

« Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts ».

Certains avantages, considérés comme normaux aujourd’hui dans le monde du travail ont été obtenus grâce aux luttes des travailleurs. Rien ne leur a été « donné », ils ont dû tout gagner, jour après jour, au fil des années: les congés payés, la semaine des 5 jours, les primes de fin d’année, …

Chaque acquis demande des années de lutte pour être gagné mais aussi des efforts pour être conservé.

Le syndicat est là pour:

Cet idéal est réalisable par la force  des propositions et des négociations chaque fois que c’est possible et par des actions si cela ne peut en être autrement. Etre critique, intransigeant, certes, mais toujours rester constructif.

SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.